Irving Penn au Grand Palais jusqu’au 29 janvier 2018.

Certes, il faut faire un peu la queue que vous ayez votre billet ou pas. Personnellement j’ai attendu une demi-heure ; supportable. Au mois de mai j’aurais préféré, mai, mai, mai Paris mai… mais il faisait froid, humide. J’ai engagé la conversation avec ma voisine dans la file, fille laconique. J’ai eu pitié en rigolant très discrètement quand elle s’est rendu compte à la caisse qu’elle s’était trompée. Elle voulait voir les peintures de Gauguin. De l’autre côté de la rue ! Aïe !
Mais je rentre. Je suis plongé dans une pénombre de photographe qui fait du noir et blanc dans son studio. En suivant l’exposition, vous allez dans le cours de sa vie de photographe depuis ses débuts en suivant toutes ses évolutions. Un trépied, un rolleiflex, un vieux rideau de théâtre lui permettent d’être en pleine intimité avec ses modèles, des portraits à tomber par terre. Il n’a jamais travaillé en extérieur. Des sublimes créatures de Vogue en passant par un travail plus ethnologique, explorant le nu jusqu’à le rendre plus graphique que nu, jusqu’à sa prise de position contre le tabac, prise de position à SA façon. Il était également son propre développeur et tireur. Durant ce parcours j’ai beaucoup « flotté », ballotté d’une rive à l’autre de ses périodes, tentant de jeter l’ancre, toujours emporté par le courant des ses œuvres… La lumière du dehors m’a fait un peu mal aux yeux. En voyant la file des « visiteurs » de Gauguin, de l’autre côté du boulevard, j’ai vu un manteau rouge mais n’ai pas reconnu ma malheureuse voisine de file d’attente.
Si vos pas vous mènent à Paris, faites la queue. Avec un peu de chance vous la ferez à côté d’un ou d’une étourdie.