Il faisait bleu et froid

J’ai posé le pied sur le quai de la gare de Vannes le 21 janvier 2017. Non, pas pour la première fois, Je venais de passer deux jours à Paris, en déplacement professionnel. Deux jours, pendant mes vacances, pour des réunions. Deux jours.

La fin d’après-midi s’annonçait, il faisait froid, très froid même.

J’ai retrouvé ma voiture derrière la gare, j’ai jeté mon sac sur la banquette arrière, claqué la portière, appuyé ma tête sur l’appui-tête, fermé les yeux, j’ai soufflé un peu, clé calée dans le contact. Deux jours. Là-bas, seuil de pollution atteint qui ne change en rien les habitudes de personne. Devant mes yeux fermés le trafic danse une chorégraphie linéaire dans un sens puis dans l’autre, puis dans les deux. Je souris, mesure l’absurdité de la situation, je m’apprête à conduire.

Il y a mon appareil photo dans mon sac, je l’emmène toujours. Il m’agace, il est lourd mais je l’emmène tout de même, de toute façon il me colle. Je décide de ne pas aller plus loin dans mes pensées, je m’ébroue et je décide d’aller voir mon amie, à Séné. Nous descendons à la côte.

L’après-midi s’apprêtait à laisser place à la nuit. Assourdissant silence juste ponctué par quelques cris d’invisibles courlis. Il faut d’abord embrasser le paysage. Je me discipline. Il faut laisser passer un peu de temps. Oui, c’est cela, il faut que le temps se repose. J’attends. Il fait bleu et il fait froid, mon index gourd trouve quand même le chemin du déclencheur, de la molette.

Nous sommes remontés faire un feu.

Demain, peut-être un peu plus tard, je verrais si ce que j’ai vu se voit toujours. Puis j’ai dormi.